Le sprint est lancé pour les vélos « intelligents »

Le sprint est lancé pour les vélos « intelligents »
Une utilisation urbaine adaptée à toutes les situations

De nombreux constructeurs auto et moto développent leur technologie digitale en misant sur l’usage grandissant du vélo dans nos comportements de déplacement. Le baromètre réalisé par Alphabet France avec l’IFOP révélait, fin 2019, que l’utilisation de vélos à assistante électrique (VAE) représentait 4,1% des utilisateurs de « transports doux », contre 3% en 2017.

Se déplacer autrement et vivre sa mobilité différemment est une volonté partagée par un grand nombre d’entre nous. Se mettre au vélo ? Tout le monde ne se sent pas l’âme d’un Jullian Alaphilippe enchainant les kilomètres par centaine. Une réflexion guidée par la prise en compte d’un contexte écologique et sanitaire préoccupant. Une situation pour laquelle les constructeurs motocyclistes n’ont pas voulu rester sur le bord de la route.

Quelles raisons poussent les marques à se lancer dans la fabrication de vélo, même pour de petits volumes ? Le but de ces constructeurs moto est de ne pas rater un virage dans lequel les fabricants historiques et les nouveaux acteurs sont déjà au coude à coude. Un enjeu important, notamment dans les villes où les vélos risquent peu à peu de devenir les moyens de locomotion par excellence détrônant les voitures, ainsi que les scooters et les motos.

Une volonté assumée de communication

Mais surtout, les vélos d’aujourd’hui deviennent des objets connectés où les innovations sont de plus en plus importantes. L’un de ces acteurs du vélo connecté est une marque française : la société Angell, créée par Marc Simoncini (créateur de Meetic) et Julien Trecco. Leur entreprise a mis au point un vélo à assistance électrique (VAE), intégrant une technologie digitale embarquée. La potence du cycle intègre un écran LCD couleur, tactile (2,4 pouces) qui affiche les informations d’un ordinateur de bord…

La navigation GPS est transmise par de petits moteurs de vibrations intégrés sur les poignées pour indiquer à l’utilisateur quand tourner, afin de ne pas avoir à regarder l’écran ou encore optimiser le parcours de l’utilisateur en fonction de la circulation et de la météo. L’utilisateur peut également accéder aux principales informations de conduite : niveau de batterie, calories, vitesse et distance. En plus, l’écran n’a pas besoin d’être obligatoirement connecté à une application mobile pour fonctionner. Pour autant, toutes les marques n’abordent pas la question du « deux-roues » de la même manière.

« Une nouvelle ère électrique »

L’intégration de la digitalisation dans la création de cycle a décuplé les aspirations des industriels. L’idée : s’échapper du peloton de la concurrence… Aujourd’hui, l’appétence pour la production de vélos « connectés » touche pas mal de constructeurs. A l’image d’Harley-Davidson, connu pour son célèbre moteur V-Twin, qui participe au développement de deux-roues électriques. « Nous sommes une marque qui possède un certain savoir-faire en matière de deux-roues électriques. Notamment depuis le lancement de notre moto 100% électrique et digitale, la Livewire », explique Xavier Crépet, responsable marketing et communication de Harley Davidson Europe de l’Ouest. « Aujourd’hui, nous travaillons en partenariat avec la société Serial 1 qui fabrique des vélos VAE, sur la partie motorisation. Ils sont ‘powered by Harley-Davidson’, dirons-nous », déclare-t-il. « L’idée est de toucher les adeptes du deux-roues, de toutes les générations. C’est un segment grandissant de la locomotion actuelle, et nous nous devions d’être présents afin de nous inscrire dans la durée, en termes de communication », souligne Xavier Crépet. « Une nouvelle ère de l’électrique débute », assure-t-il.

« De nouvelles opportunités techniques »

Une ère dans laquelle d’autres sociétés ont également décidé d’apporter leur expertise. La marque autrichienne KTM, connue pour ses motos (enduro et piste), se positionne comme un acteur majeur dans le secteur du vélo connecté. « La marque, partie intégrante de l’entreprise Pierer a axé une large part de son activité sur la digitalisation du vélo », explique Sébastien Raymond, directeur développement France Pierer EMobility. « Notre expertise dans le secteur de la moto nous permet de mettre en pratique toute notre ingénierie au service de l’élaboration et la conception de vélos intelligents », assure-t-il.

« Il est clair que le développement de la pratique du cycle en milieu urbain offre de nouvelles opportunités techniques. L’objectif est de répondre à une clientèle toujours plus exigeante. Il est ainsi possible, via le display installé sur nos machines, de gérer la puissance développée par les moteurs. Nous collaborons avec des marques comme Yamaha et Shimano qui proposent des solutions de gestion digitale des moteurs. Avec la seconde, il est notamment possible de contrôler, depuis son Iphone, la puissance du régime moteur », précise Sébastien Raymond. Sans parler des intégrations de GPS, via les smartphones, pour des utilisations urbaines encore plus poussée, à l’image de Googlemaps.

Une digitalisation qui permet une expérience utilisateur encore plus importante, tant pour le client final que pour le réseau des professionnels qui possèdent de nouvelles données sur les habitudes de consommation. Réponse face à une contrainte écologique, combinée à une volonté de communiquer autrement, la course à la digitalisation de la « Petite Reine » bouscule l’usage vélo. Le sprint est lancé pour les professionnels, mais le changement des mentalités devrait être une course de plus longue haleine.

Pierre-Jean Côme

Les étudiants du master CTN 2020-2021

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