Phobies, addictions, troubles du comportement : la réalité virtuelle au service de la thérapie comportementale

#phobie #addiction #psychothérapie #réalité virtuelle #guérison #stimuli #innovation #CTNews

Vous souffrez d’une phobie? L’idée de prendre le métro ou de conduire vous angoisse? Vous avez peur de la foule, de croiser une souris, de prendre la parole en public? Ou bien, vous avez des addictions? Ou encore, vous luttez contre des troubles du comportement alimentaires (TCA)? Dans tous les cas, vous n’arrivez pas à résoudre seul ces problèmes de santé qui vous envahissent et témoignent d’un profond mal-être. Et pourtant, une nouvelle technique de soin existe. Ludique et fiable, elle vous permet d’apprendre, tout en douceur, à surmonter ces peurs et ces obsessions. Il s’agit de la thérapie par exposition à la réalité virtuelle (TERV), appelée aussi thérapie par réalité virtuelle (TRV).

La réalité virtuelle : qu’est-ce que c’est ?

L’expression «réalité virtuelle» (ou multimédia immersif ou réalité simulée par ordinateur) renvoie typiquement à une technologie informatique qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiellement généré par des logiciels. La réalité virtuelle crée un environnement avec lequel l’utilisateur peut interagir et reproduit donc artificiellement une expérience sensorielle visuelle, sonore ou haptique qui peut inclure la vue, le toucher, l’ouïe et l’odorat. La finalité de la réalité virtuelle est de permettre à une personne de vivre une expérience d’immersion, c’est-à-dire de mener une activité sensori-motrice et cognitive dans un monde créé numériquement, qui peut être « imaginaire, symbolique ou une simulation de certains aspects du monde réel » (Traité de la réalité virtuelle, P. Fuchs).

Une avancée technologique qui profite aux professionnels de la santé

Aujourd’hui, on associe la réalité virtuelle aux jeux vidéo et aux films en 3D. Cependant, dès la fin des années 1980, cette technologie dite «immersive » a commencé à être utilisée dans un but psychothérapeutique, notamment aux États-Unis. Les premières expérimentations scientifiques ont eu lieu au début des années 1990. Grâce à un casque vidéo, des patients ont été confrontés à leurs phobies dans un environnement virtuel. Les premiers casques de réalité virtuelle étaient lourds et ils proposaient un monde artificiel qui manquait de réalisme dans leur graphisme en particulier.
La décennie suivante a vu progressé rapidement le développement de cette technologie et la TERV est alors devenue un outil hyperréaliste, extrêmement efficace contre les phobies, les addictions, les TCA, mais aussi le stress post-traumatique. Pendant longtemps, l’inconvénient de cette approche thérapeutique restait son coût élevé et sa relative confidentialité puisque proposée uniquement par deux centres médicaux français situés à Marseille ou à Paris. Depuis le printemps 2016, la thérapie par réalité virtuelle peut être utilisée par tous les professionnels de la santé mentale, à savoir les psychiatres, les psychologues et les thérapeutes. Grâce à l’appui de scientifiques, la société française C2Care, leader dans son domaine, a pu développer des programmes thérapeutiques et rendre cette technologie de pointe accessible aux cabinets libéraux.

Alors, réelle ou virtuelle la séance de thérapie 2.0 ?

La stratégie du phobique consiste à éviter d’être confronté à ses angoisses. D’une part, il est souvent impossible d’y échapper au quotidien. D’autre part, il ne peut pas y avoir de guérison sans confrontation à ses peurs. C’est l’un des principes de base des Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC). Mais là où la TCC, pratiquée seule, peut parfois être difficile à appliquer et brutale pour le patient, intervient la thérapie avec la 3D. Grâce à l’IRM, des études ont montré que la personne phobique, sous son casque, réagissait comme si elle était réellement exposée à une situation anxiogène. Si vous souffrez d’aérophobie, vous allez vous déplacer dans l’aéroport virtuel, choisir votre siège dans l’avion et percevoir ce trajet comme s’il était réel. Malgré tout, vous serez conscient d’être dans le cabinet du thérapeute, même si votre cerveau se fait duper. La situation sera donc moins angoissante que si vous deviez rejoindre un aéroport. Par ailleurs, en cas de crise d’angoisse, vous pourrez toujours enlever le casque vidéo. Libre à vous d’interrompre cette immersion dans la réalité virtuelle à tout moment. Il n’y a aucun risque!
Quelle que soit la phobie à traiter, le patient recommencera l’exposition virtuelle dès qu’il s’en sentira capable. En effet, les exercices peuvent être faits plusieurs fois et divers niveaux de difficulté existent. Vous pourrez vous confronter à vos sources de stress aussi longtemps que nécessaire et chacun progresse ainsi à son rythme vers l’acceptation de ses émotions. Alors, vous serez aptes à tolérer ces émotions négatives. Un des seuls inconvénients réside dans le phénomène de cyber-sickness. Si vous utilisez le casque de réalité virtuelle et que vous faites des mouvements trop rapides, cela peut entrainer un état proche de celui du mal des transports. Cependant cet effet est modéré par le fait qu’il est recommandé aux patients de bouger assez lentement, de tourner doucement… Ce traitement est évidemment contre indiqué pour les épileptiques photosensibles, mais cela ne concerne qu’une petite partie de la population.
Alors, convaincu ? Vous allez enfin pouvoir reprendre l’avion, réellement, sans être entravé par votre anxiété ou emprunter l’ascenseur sans avoir l’impression de mourir à chaque étage.

 

© Pexel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *