Consommation numérique des biens culturels : entre légalité et illégalité

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Le téléchargement a-t-il un impact sur la filière cinématographique ? Comment la pratique du streaming, qu’elle soit légale ou illégale vient-elle bousculer les industries culturelles ?

Vers une consommation culturelle instantanée

Nos usages des outils numériques au quotidien ont inévitablement modifié et impacté nos pratiques culturelles : les foyers ont progressivement eu un accès à internet, ils se sont équipés en téléviseurs, ordinateurs, tablettes et smartphones. La dématérialisation des biens culturels que ce soit pour la vidéo ou la musique rendent la consommation culturelle possible partout, tout le temps. Quels sont les impacts de telles mutations des pratiques et des usages ?

Téléchargement, streaming et filière cinématographique

Selon une étude sur le piratage audiovisuel en France publiée en 2017, 1,3 millions de consommateurs seraient pirates et 2,5 milliards de contenus seraient consommés illégalement. Le manque à gagner pour la filière audiovisuelle serait d’ 1,3 milliards d’euros a minima (en 2016). Et pourtant, l’Etat a tenté de mettre en place des mesures de répression en créant la Haute Autorité pour la Diffusion des oeuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI) qui depuis 2009 est en charge du système de la “réponse graduée”. Ce système d’avertissement semble pourtant avoir davantage un objectif de pédagogie que de répression (seulement 3 condamnations délictuelles en 2017).

Cependant, le streaming offre des avantages face au pear-to-pear puisqu’il s’agit non pas d’un téléchargement intégral du film sur l’ordinateur mais d’une diffusion de “flux” en continu. Le nombre de sites de streaming illégal permettant de visionner des films a explosé, pourtant des acteurs ont réussi à s’implanter sur le marché du streaming par abonnement. Ainsi, 3 ans après avoir débarqué en France, la plateforme Netflix comptait 2,3 millions d’abonnés français. En misant sur une interface simple et attractive et sur des créations originales, le géant américain a su s’imposer.

Téléchargement, streaming et filière musicale

L’industrie du disque a beaucoup souffert de la dématérialisation des supports et des plateformes comme YouTube ou DailyMotion permettent d’écouter des musiques gratuitement en ligne, grâce à la publicité (et de les télécharger illégalement avec des outils très simples). Cependant, des acteurs sont venus proposer des offres attractives légales (Deezer, Spotify, Apple Music) permettant d’écouter de la musique en illimité pour une dizaine d’euros par mois, en ligne ou hors ligne et de profiter de nombreuses playlists. Aujourd’hui, la filière recommence à connaître une croissance grâce au streaming avec 4,4 millions d’abonnés sur ce type de plateformes.

Quid du secteur du livre ?

Le secteur du livre, lui non plus, n’échappe pas au téléchargement illégal et tente d’y lutter en mettant en place des DRM (“verrous numériques”) en guise d’empêchement ou de dissuasion. L’usage du streaming est-il envisageable pour la lecture ? C’est déjà le cas avec des acteurs tels que Youboox qui proposent d’accéder à un grand catalogue d’ouvrages pour une dizaine d’euros par mois seulement. Quelle conséquence ce type d’offre aura-t-elle sur le secteur du livre ?

Usages licites et illicites

En réalité, les consommateurs privilégiant le licite le font avant tout pour des questions de légalité, de tranquillité et de confort. A contrario, les consommateurs qui privilégient l’illicite eux, privilégient la gratuité et la richesse du catalogue. Il y aurait également et de plus en plus une mixité dans les pratiques, par exemple, des personnes ayant des abonnements payants et légaux vont parfois consommer des biens culturels illégalement car ils ne les trouvent pas sur la plateforme à laquelle ils sont abonnés.

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